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IA· 3 min de lecture

OpenAI filigrane les textes de ChatGPT et Codex, en Europe d'abord

OpenAI a annoncé le 5 octobre textGrain, un filigrane invisible ajouté aux textes produits par ChatGPT et Codex, d'abord pour les seuls utilisateurs de l'Union européenne. Si vous publiez du texte généré, il pourra porter une marque que vous ne voyez pas, mais que seuls quelques détecteurs savent lire.

Une machine à écrire ancienne sur un bureau dans la pénombre. Une main gantée éclaire la feuille tapée avec une petite lampe ultraviolette, qui fait apparaître entre les lignes des motifs cachés couleur ambre. Une loupe est posée à côté.

Une marque que personne ne voit

Lundi 5 octobre 2026, OpenAI a commencé à déployer textGrain, un filigrane « invisible et lisible par une machine » glissé dans les textes produits par ChatGPT et Codex. L’annonce est rapportée par The Verge. À l’œil nu, rien ne change : pas de mention en bas de page, pas de caractère étrange. La marque est faite pour être lue par un logiciel, pas par vous.

OpenAI ne rend pas publics les détails techniques du marquage. L’éditeur affirme en revanche que textGrain « matched or exceeded » (égale ou dépasse) d’autres approches, comme SynthID for text de Google DeepMind. C’est d’ailleurs sur SynthID que repose le filigrane annoncé en août par Anthropic, lui aussi pour se conformer à l’AI Act européen, et lui aussi accueilli avec une certaine réserve. OpenAI a publié des résultats de benchmarks où le texte filigrané fait jeu égal avec le texte non marqué : le modèle n’écrirait donc pas moins bien parce qu’il signe sa copie.

L’Europe d’abord, le reste du monde à la carte

Le déploiement se fera « dans les semaines à venir », pour les utilisateurs éligibles de ChatGPT et Codex de l’Union européenne, quelle que soit leur formule d’abonnement. OpenAI précise que le filigrane ne deviendra pas pour l’instant le « global default » : l’approche régionale doit lui permettre d’apprendre de l’usage réel et des retours.

Ailleurs, c’est l’inverse : l’option s’active sur demande. Depuis le 5 octobre, les clients de l’API dans le monde entier peuvent choisir de recevoir des textes filigranés pour certains modèles, selon leurs propres obligations de transparence. OpenAI travaille aussi avec ses partenaires cloud pour proposer la même option sur les modèles servis par leurs plateformes, là encore dans les semaines qui viennent. Le résultat est un peu étrange : le même texte est marqué ou non selon le pays de la personne qui le demande et le canal qu’elle utilise.

Un détecteur réservé aux spécialistes

Pour détecter la marque, il faudra montrer patte blanche. Le détecteur est réservé aux chercheurs et aux organisations spécialisées, qui peuvent déposer leur candidature depuis le 5 octobre. Les accès seront accordés au cas par cas, conformément au code de bonnes pratiques qui accompagne l’AI Act. L’outil répond seulement s’il trouve ou non un filigrane OpenAI, sans identifier l’utilisateur ni révéler ses prompts ou ses conversations.

Pas de version publique au lancement, et OpenAI explique pourquoi : la détection peut rater des filigranes et produire des faux positifs. L’entreprise admet d’ailleurs que textGrain « does not guarantee reliable detection ». Pour un outil dont le but est de détecter, c’est un aveu assez rare.

Ce que la marque ne prouve pas

Pour qui publie du texte généré, la portée du filigrane est volontairement limitée. Selon OpenAI, il ne vérifie pas l’exactitude du contenu, ne dit pas à qui le texte appartient, ne mesure pas la part de travail humain et ne prouve pas qu’un texte a été écrit par un humain. Le filigrane indique qu’un modèle d’OpenAI a produit le texte, rien de plus : il ne dit pas si celui-ci est juste, ni qui l’a relu.

Concrètement, si vous rédigez en Europe avec ChatGPT ou Codex, vos textes porteront bientôt cette marque sans que vous ayez rien à faire. Seuls quelques laboratoires agréés pourront la lire, et encore, sans garantie de fiabilité. C’est un peu comme un tatouage à l’encre invisible : la lampe UV est sous clé, et elle se trompe parfois de bras.

Sources (1)

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Article rédigé avec l'assistance d'une IA à partir des sources citées, puis relu et validé avant publication par Sébastien Soulier.