Anthropic donne à METR un accès de salarié à ses systèmes internes
Anthropic a installé six évaluateurs de l'association METR dans ses locaux, avec un accès proche de celui de ses équipes de gestion des risques. Ces évaluateurs pourront publier leurs conclusions sans que l'entreprise puisse y mettre son veto.

Anthropic a décidé d’ouvrir une partie de son fonctionnement à un évaluateur extérieur. METR, une association à but non lucratif qui a déjà travaillé avec OpenAI, Google ou Meta, dispose désormais d’une équipe installée dans les locaux de l’entreprise, avec accès à son matériel et à ses systèmes internes. Source : un article du Financial Times, repris par Ars Technica. Cette information repose sur une seule source, et nous n’en disposons pas d’autre à ce stade.
Six évaluateurs dans les murs
L’annonce, faite jeudi et relayée le 18 octobre 2026, concerne six personnes de METR. Elles disposent de matériel fourni par Anthropic, d’un espace de travail et d’un accès à des outils que l’entreprise décrit comme comparables à ceux de ses propres équipes d’évaluation des risques. Anthropic a aussi demandé à ses salariés de partager avec elles les informations qu’ils partageraient avec un collègue du service risques. Le point qui compte pour l’indépendance est ailleurs : l’entreprise ne paie pas METR, qui n’accepte aucun don d’entreprise d’IA ni de leurs salariés, et vit de dons de particuliers, de fondations et d’organismes publics comme l’AI Security Institute britannique.
Publier, sauf ce qui est caviardé
METR publiera ses analyses, et Anthropic ne pourra pas s’y opposer. L’entreprise peut en revanche exiger le retrait de certaines catégories d’informations : données de clients, éléments couverts par le secret professionnel avocat-client, détails sur l’architecture des modèles. La transparence est donc promise, avec un filtre dont la société garde la main.
Un superviseur à la façon des banques
Anthropic compare ce dispositif à la supervision bancaire, où des régulateurs placent des examinateurs en poste chez les plus grandes banques. L’argument est simple : si la prise de risque d’un acteur peut menacer le public, des tiers doivent tenter de la voir à l’avance. Les critiques répondent que ce type d’arrangement peut créer des conflits d’intérêts, en citant les problèmes déjà observés dans l’audit comptable, et réclament davantage de régulation publique. De son côté, l’entreprise soutient qu’une publication intégrale profiterait à des acteurs malveillants ou à des concurrents.
Le reste de l’industrie attend
En septembre, son directeur général, Dario Amodei, avait proposé d’intégrer des auditeurs externes dans les grands laboratoires, une idée soutenue par Sam Altman (OpenAI) et Elon Musk (SpaceX). Sam Altman a jugé la proposition bonne, mais OpenAI n’a pas encore détaillé de plan pour faire venir des évaluateurs. Dans le même temps, Anthropic, dont l’introduction en bourse est attendue cette année, a consacré une large part de ses présentations aux investisseurs à ses pratiques de sécurité. Selon l’entreprise, chaque acteur de pointe devrait faire de même.
Le superviseur aura donc un bureau, un badge et le droit de publier, à condition que la maison puisse caviarder. Reste à savoir si les autres laboratoires ouvriront la même porte, ou s’ils garderont la clé de leur propre bureau.
Sources (1)
- Anthropic gives outside AI watchdog “employee-like” accessarstechnica.com
Article rédigé avec l'assistance d'une IA à partir des sources citées, puis relu et validé avant publication par Sébastien Soulier.


