Claude Code refuse désormais de cloner des jeux vidéo, même renommés
Depuis fin octobre, Anthropic demande à Claude Code de ne plus recréer un jeu existant, même déguisé en création originale. La consigne vise la vague de clones générés par IA, mais elle bloque aussi des commandes parfaitement légitimes.

Autour du 27 octobre, deux phrases se sont glissées dans les instructions qu’Anthropic transmet à Claude Code. Elles ont été repérées par Chasm, un amateur de décompilation par IA, qui a résumé l’affaire sans détour : « Anthropic s’attaque aux re-créations de jeux vidéo ». Next a fait le point ce 3 novembre.
Deux phrases et une frontière tracée au feutre
La consigne est courte : « Crée des jeux originaux, des jeux appartenant à un genre donné et des jeux à partir des concepts et des ressources de l’utilisateur. Ne crée pas un jeu existant précis, même s’il est renommé ou présenté comme original. » Le roguelike, oui. La copie conforme d’un roguelike à succès avec un autre nom sur la boîte, non. La clause « même s’il est renommé » montre qu’Anthropic connaît parfaitement l’astuce que tout le monde aurait tentée en premier.
Trois jours après l’apparition du texte, Addy Osmani, ingénieur chez Anthropic, en a confirmé l’existence. Le même jour, le changement était visible dans la version 2.1.314 de Claude Code. Il justifie la mesure par la volonté d’empêcher Opus 5.5 de « recréer un jeu précis appartenant à quelqu’un d’autre, car utiliser Claude pour enfreindre des droits de propriété intellectuelle est contraire à nos règles d’utilisation ». Il précise aussi que « la création de jeux originaux, de jeux appartenant à un genre donné et de jeux conçus à partir de vos propres concepts et ressources doit continuer à fonctionner ».
Une consigne envoyée à distance
La règle ne passe pas par une mise à jour que vous auriez choisi d’installer. Anthropic dispose d’un dispositif pour ajuster à distance les instructions données à Claude, qui a déjà servi pour d’autres consignes. XDA a repéré un second canal, propre à Opus 5.5, qui est actuellement le modèle par défaut de Claude Code. La restriction s’appliquerait donc de deux façons : directement au modèle, ou à tous les modèles utilisés dans l’outil. Votre assistant de code peut ainsi changer de règlement intérieur pendant que vous dormez, ce qui reste pratique tant que le nouveau règlement vous arrange.
Le zèle et ses victimes collatérales
Tous les cas ne l’arrangent pas. Le concepteur des wargames Conflict Simulations explique que la consigne bloque son activité professionnelle. Il adapte sur commande des jeux de plateau pour des clients qui possèdent les originaux. Le code est écrit de zéro, à partir des éléments fournis par ces clients, et pourtant Claude Code refuse d’aller au bout.
Le client détient les droits, le prestataire a un contrat signé, et le modèle a un doute. Un modèle de langage ne lit pas les contrats de licence joints au ticket : il reconnaît un jeu existant, il relit sa consigne et il s’arrête. Addy Osmani invite les développeurs à signaler les cas où Claude refuse d’aider sur une création qui leur appartient. C’est honnête, mais on parle d’un formulaire de signalement là où il faudrait une règle capable de distinguer un client d’un copieur.
Un barrage sur un seul bras de la rivière
Le problème visé est bien réel. Depuis plusieurs mois, une vague de clones générés par IA déferle, au point que certains studios, souvent les plus petits, hésitent à proposer des démos ou des bêtas de peur de se faire voler leurs idées. Next y consacrait déjà un article le 29 octobre, sur l’IA qui remplit les rayons de Steam.
Mais comme le souligne Next, la consigne a peu de chances de freiner le phénomène. Un cloneur déterminé peut passer à un autre LLM sans ces restrictions, voire à un modèle à poids ouverts modifié. Selon Next, la règle sert aussi, et peut-être surtout, à protéger Anthropic des accusations d’atteinte au droit d’auteur. L’entreprise est déjà bien occupée sur ce terrain avec les auteurs et les maisons de disques, et n’a sans doute aucune envie d’y ajouter les studios de jeux.
Le cloneur pressé changera d’outil en cinq minutes. Le prestataire honnête, lui, remplira un signalement.
Sources (1)
Article rédigé avec l'assistance d'une IA à partir des sources citées, puis relu et validé avant publication par Sébastien Soulier.


