Nvidia rachète Hugging Face pour 13 milliards et promet l'ouverture
Nvidia a annoncé jeudi le rachat de Hugging Face pour 13 milliards de dollars, sa plus grosse acquisition à ce jour. Le catalogue de référence des modèles ouverts passerait sous le contrôle de celui qui vend les GPU pour les faire tourner.

Treize milliards, le plus gros chèque de l’histoire de Nvidia
Nvidia a annoncé ce jeudi 3 septembre 2026 avoir trouvé un accord pour racheter Hugging Face, la plateforme où s’échangent les modèles d’intelligence artificielle ouverts, pour 13 milliards de dollars. L’information est rapportée par Ars Technica, qui reprend le Financial Times : c’est à cette heure la seule source disponible, et les montants sont donc à lire sous cette réserve.
C’est de loin la plus grosse acquisition jamais signée par le fondeur, très au-dessus des 6,9 milliards payés en 2020 pour Mellanox — l’opération qui lui avait ouvert la porte de l’infrastructure de datacenter. Nvidia, entreprise la plus valorisée au monde avec 5 400 milliards de dollars, espère boucler la transaction d’ici 2027. Les autorités de la concurrence devraient regarder le dossier de près ; Justin Boitano, vice-président en charge de l’IA d’entreprise chez Nvidia, dit s’attendre à ce qu’elles y voient très majoritairement une bonne nouvelle. On lui souhaite d’avoir raison.
L’an dernier, c’était non
Hugging Face a dix ans, son siège à New York, doit son nom à l’emoji du visage qui fait un câlin, et vit d’abonnements premium et de services aux entreprises. La plateforme héberge 3 millions de modèles, pour l’essentiel ouverts, environ 500 000 jeux de données et un million d’applications ; 18 millions de développeurs et plus de 200 000 entreprises s’en servent.
L’an dernier, elle avait pourtant décliné un investissement important de Nvidia sur une valorisation de 7 milliards, précisément pour préserver son indépendance — un chèque de 500 millions de dollars refusé en fin d’année, notamment pour éviter de se retrouver avec un actionnaire dominant, selon le Financial Times. Le problème de l’actionnaire dominant vient d’être réglé par le haut.
Les modèles ouverts font vendre des cartes graphiques
Un modèle à poids ouverts, c’est un modèle dont la conception est publique : vous pouvez le télécharger, l’adapter et le faire tourner sur vos propres machines. Jensen Huang défend l’idée que cette ouverture permet aux start-ups, aux entreprises, aux universités et aux institutions publiques de bâtir sur des capacités avancées sans réentraîner un modèle depuis zéro ni payer le tarif des modèles de frontière à chaque tâche.
Le raisonnement se tient, et il est remarquablement bien aligné avec le tiroir-caisse : plus il existe de modèles ouverts, plus il existe d’acheteurs de puces, et moins Nvidia dépend d’une poignée de très gros clients — OpenAI et Anthropic en tête, qui développent par ailleurs leurs propres processeurs. Le fondeur avait déjà mis son argent derrière des acteurs des modèles ouverts comme Reflection AI, et derrière les néoclouds CoreWeave et Nebius. En juillet, Huang cosignait une lettre appelant les États-Unis à soutenir les modèles ouverts, sur fond de débat américain sur d’éventuelles sanctions contre les développeurs chinois de modèles ouverts. L’ouverture, ici, n’est pas une position morale : c’est un canal de distribution.
La promesse d’ouverture, et ce qui la garantit
Nvidia assure que Hugging Face restera une plateforme ouverte à tout l’écosystème, que ses 18 millions de développeurs continueront de choisir librement leurs modèles, leurs fournisseurs de cloud et leurs puces, et que la marque sera conservée. Rien dans ce qui a filtré ne décrit le mécanisme qui rendrait cet engagement opposable : c’est une déclaration d’intention, avec le poids qu’on voudra bien lui accorder. Et l’opération donne au fabricant le contrôle de l’un des principaux canaux qui décident quelles applications d’IA se diffusent dans le monde.
Un catalogue n’a pas besoin de fermer ses portes pour changer ce qui se trouve en tête de rayon.
Sources (1)
- Nvidia buys Hugging Face, the GitHub of AI, for $13 billionarstechnica.com
Article rédigé avec l'assistance d'une IA à partir des sources citées, puis relu et validé avant publication par Sébastien Soulier.


